Des milliers d'apparitions ont été rapportées au fil des siècles ; quelques dizaines seulement ont fait l'objet d'une reconnaissance ecclésiastique, et cette reconnaissance n'a pas la portée qu'on lui prête souvent. Elle constate qu'un événement ne contredit pas la foi et qu'un culte peut y être autorisé ; elle n'oblige personne à y croire.
Trois lieux dominent. La rue du Bac à Paris, où sœur Catherine Labouré rapporte en 1830 les apparitions à l'origine de la médaille dite miraculeuse. La Salette, en Isère, en 1846. Lourdes surtout, en 1858, où Bernadette Soubirous décrit 18 apparitions dans la grotte de Massabielle ; le sanctuaire reçoit aujourd'hui plusieurs millions de visiteurs par an et constitue le premier lieu de pèlerinage du pays.
Guadalupe au Mexique, en 1531, reste le sanctuaire marial le plus fréquenté du monde. Fatima, au Portugal, en 1917, a marqué le vingtième siècle par la publicité donnée aux messages qui lui sont attachés. Knock en Irlande et Beauraing et Banneux en Belgique complètent la liste des reconnaissances formelles en Europe occidentale.
La procédure relève d'abord de l'évêque du lieu, qui constitue une commission associant théologiens, médecins et historiens. L'examen porte sur la conformité du message à la doctrine, sur l'équilibre psychologique et le désintéressement des voyants, et sur les fruits spirituels constatés. Les guérisons présentées à Lourdes sont ainsi soumises à un bureau médical puis à un comité international avant toute déclaration, et leur nombre officiellement retenu demeure très faible au regard des dossiers déposés.